Aujourd’hui on vous emmène à la découverte de La Bel’France, un concept store 100% français à Cluny, en plein cœur de la Bourgogne.

C’est France, passionnée par le savoir-faire français, qui a ouvert cette boutique en 2019. A l’intérieur, elle met en avant des produits authentiques, et partage ses belles découvertes made in chez nous. On retrouve ainsi une belle sélection de marques françaises éthiques, empreintes d’histoires.

France la fondatrice de La Bel'France

On a eu envie d’en apprendre davantage sur La Bel’France, et la démarche de sa fondatrice. Dans cette interview, France nous parle de ses convictions, ses attentes envers ses fournisseurs, et nous partage son expérience de commerçante, et comment elle s’est adaptée face à la situation actuelle.

Racontez-nous l’origine de La Bel’France …

Pourquoi La Bel’France ? Parce que je m’appelle France! J’avais envie d’avoir une boutique qui représentait mon idéologie. D’avoir l’esprit d’une petite boutique à la française, qui revendique et qui mette en avant nos savoir- faire. Pour moi privilégier le made in France c’était une évidence. J’adore le travail des artisans. Savoir que derrière ce sac, ou derrière un simple béret, il y a 20 personnes qui travaillent, ça me touche et ça me parle. C’était ça que je voulais promouvoir.

Qu’est ce que vous vendez chez La Bel’France?

Je vend du prêt-à-porter Homme et Femme, des accessoires – ceintures, bretelles, collants- avec de la maroquinerie. Il me semblait évident en prêt-à-porter d’avoir du jean, de la marinière, du béret, je suis très frenchy ! Donc le marcel quand c’est l’été, avec les espadrilles, et les charentaises l’hiver. J’ai aussi un rayon lingerie avec Garçon Français, et je travaille avec une dame qui habite près de chez moi qui fait de la lingerie sans armature.

La boutique La Bel'France à Cluny

J’ai également un rayon art de la table. Dans ce rayon je voulais vraiment qu’on soit dans la représentation de nos savoir-faire. Donc j’ai de la brosserie, de la porcelaine, des objets en grès de Digoin, une manufacture près de chez moi que j’aime beaucoup. Et je ne choisi qu’un fournisseur par type de produit, je ne suis spécialiste de rien.

J’ai aussi un rayon cosmétiques, avec à 99,9% des cosmétiques solides. Donc des shampoings solides, des savons solides, du savon de Marseille – qui pour moi est un indispensable – Et puis après j’ai quelques bijoux, j’ai un petit rayon bougies, jeux et puis un petit rayon bébé.

Est-ce important pour vous de mettre en avant des produits écologiques et zéro déchet?

Oui je ne fais que ça ! Au départ je voulais proposer uniquement le savon de Marseille en cosmétiques, parce qu’avec ce savon on fait plein de choses. Et puis j’ai fait rentrer des petites marques à côté, vraiment minimalistes. Donc qui proposent une crème, un déo et point barre. J’ai fait rentrer des jeunes marques qui travaillent vraiment très bien. J’ai aussi Pachamamaï que j’adore, qui a une très belle éthique.

Il ne suffit pas que les marques mettent un drapeau bleu blanc rouge pour que je les prenne. Ça ne fait pas tout d’être fabriqué en France, il y en a plein. Il faut que j’ai le coup de cœur pour la marque, il faut qu’il y ait une belle démarche derrière tout ça. Ce n’est pas juste le fait de mettre un emballage écologique qui va faire que je vais les choisir. Il faut que dans leur démarche ce soit vraiment quelque chose qui les touche, et qui leur parle. Que ce ne soit pas juste un effet de mode comme beaucoup vont surfer dessus.

« Il faut que mes fournisseurs aient une belle éthique”

Concept-store français La Bel'France

Comment faites-vous pour dénicher de nouvelles marques ?

J’en découvre tout le temps, et j’utilise beaucoup les réseaux. En plus de ça je vais à leur rencontre: sur mes 4 semaines de vacances, j’en ai passé 3 à aller voir mes fournisseurs. Je suis allée dans le Pays Basque et dans le Sud, à la rencontre de mes fournisseurs, pour savoir vraiment comment était fabriqué un béret, une espadrille, le savon de Marseille, les vêtements que j’achète chez une couturière de là-bas .. Et puis pendant mon petit périple j’ai fais des grandes villes comme Toulouse, Bordeaux, Biarritz, Lyon, Marseille, Avignon, et je suis passée dans des boutiques. Donc je suis allée voir des boutiques qui prônent le made in France, ou qui sont plutôt éthiques, et ça me permet de voir des marques et d’en découvrir.

« Il faut qu’il y ait une histoire à raconter”

Il y a aussi beaucoup de fournisseurs qui viennent me voir directement, même ici très localement. Beaucoup me demandent ce que je veux chez eux, et je leur répond que je ne veux rien. J’ai envie que la personne me propose un univers. C’est n’est pas juste répondre à un besoin. Par exemple, « j’ai besoin de lingettes donc tu me les fais », non. J’attends quelque chose derrière. Parce que je pense que toute couturière peut faire ce qu’elle veut, mais j’ai vraiment envie qu’il y ait une collection derrière, un univers, un petit quelque chose.

concept store La Bel'France

Pourquoi avez- vous choisi de passer par Ecopresto ?

C’est facile ! Vous sélectionnez les marques, et je n’ai pas besoin de vérifier. Parce que moi quand je choisis une marque, il faut vraiment que je vérifie, que je fouille sur leur site, que je regarde si leur lieu de fabrication est bon, etc. Alors que vous avez fait ce travail de vérification en amont. Donc je vous avouerai que ça me simplifie la vie ! C’est plus simple et puis il y a des choses auxquelles je n’aurais pas forcément pensé. Par exemple Blooow {des purificateurs d’air écologiques}, je les avais vu au Salon du Made In France mais ils m’étaient sorti de la tête. Ça peut me permettre de faire rentrer des marques comme ça. En plus les franco sont vraiment petits donc c’est intéressant. Et avoir la possibilité de faire rentrer des petites marques, et voir auprès de ma clientèle si ça marche ou pas, ça me permet de tester facilement des nouveautés.

Comment avez-vous fait face aux mesures sanitaires, notamment le couvre feu à 18h ?

Le premier couvre-feu était perturbant mais on l’a plutôt bien vécu. Par contre le deuxième était un peu plus compliqué. D’une part parce que récurrent, et qu’en Novembre la boutique est vraiment très pleine de marchandises. C’était un peu plus compliqué à gérer. On ne savait pas si en Décembre on allait pouvoir rouvrir, si on allait travailler. Mais ça a été le cas car nos clients ont été très touchés par la situation. J’habite une petite ville, et beaucoup m’avaient dit qu’ils viendraient faire leurs cadeaux chez La Bel’France. Et ils l’ont vraiment fait! Donc au niveau local, ça m’a redynamisé une clientèle qui ne venaient pas – ou ne venaient plus – dans leurs petits commerces. Ils se sont dit que finalement les petits commerces c’est bien car on a des choses vraiment différentes. En plus de cela y a une âme dans le magasin: j’ai plein de meubles de récup par exemple. Ils ont découvert quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. Et ça a fait du bien!

Au-delà de ça, j’ai créé mon site. Je ne voulais pas vraiment le faire à la base pour être honnête. Mais c’est deux amis qui m’ont proposer de le faire. Donc on a fait beaucoup de photos, on a référencé beaucoup de produits, et ils m’ont offert le site ! Il y avait une belle solidarité derrière donc j’ai aimé leur démarche.

a boutique en ligne La Bel'France

[Retrouvez nos conseils pour s’adapter face au couvre-feu dans notre article dédié à ce sujet]

Pensez-vous que la boutique en ligne La Bel’France est un atout en cette période ?

C’était compliqué pour moi, qui prône la petite boutique, de devoir faire un site. Je suis à l’opposé de mes convictions, mais en même temps ça m’a beaucoup servi en Décembre. Cluny est une ville touristique et j’ai plein de clients -parisiens, lyonnais – qui sont rentrés chez eux, et étant donné qu’ils ne pouvaient venir me voir ils sont passés par le site. Et toujours dans la même démarche de me faire travailler donc j’ai trouvé ça plutôt chouette. Donc dans cette optique là c’est bien.

En fait mon site internet va surtout servir à mes clients. Je ne pense pas que ça va me créer une nouvelle clientèle, mais plutôt aider mes clients qui sont passés déjà une fois à La Bel’France. J’ai notamment beaucoup de clients l’été qui viennent et qui ne peuvent pas acheter de choses, parce qu’ils sont en vacances, et qu’ils n’ont pas de place dans leurs bagages. Il y en a plein qui m’avaient demandé si j’avais un site La Bel’France, pour commander une fois rentrés chez eux. Mais je n’en avais pas, donc ça va surtout m’aider pour ça. C’est un nouveau service pour mes clients mais ce n’est pas dans la démarche d’en trouver d’autres. Alors tant mieux si ça le permet, mais c’est plus pour faciliter la vie de mes clients.

Comment envisagez-vous l’année à venir ?

Plutôt bien; je pense que le tourisme va revenir petit à petit, et je suis assez sereine. Je fais mes petites commandes pour le Printemps en ce moment. Les gens en ont assez, et je crois que ça va évoluer petit à petit dans la bonne direction . Je le vois ici {à Cluny}, ça fait 15 jours qu’il fait beau, et il y a plein de monde dans les rues. Donc les gens ont besoin de ça, besoin de sortir, et de se faire plaisir. Je ne me fais pas vraiment de souci par rapport à cette année à venir.

Vitrine du concept store La Bel'France

Auriez-vous des conseils à partager aux commerçants ?

Très sincèrement la situation actuelle je n’y pense pas. Je ne dis pas que le virus n’existe pas, mais je ne suis pas très anxieuse par rapport à ça. Je n’ai pas de conseils, restez comme vous êtes et faites ce que vous aimez !

Un grand merci à France pour nous avoir accordé un peu de son temps pour nous faire découvrir La Bel’France et son univers.

On vous recommande de pousser la porte de cette super boutique si vous visitez Cluny ! Et si vous souhaitez jeter un œil à sa sélection de marques françaises, rendez-vous sur son site.

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